Avez-vous déjà lu tous les prix littéraires de cette rentrée 2015 ?

February 25, 2016 | Peter K

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La fièvre de la fameuse rentrée littéraire de 2015 est finie. Les batailles pour tous les prix littéraires de l’année sont presque oubliées.

C'est le moment le plus confortable pour nous les lecteurs, car tous les titres qui ont gagné et les autres qui étaient en lice sont déjà disponibles dans la bibliothèque: dans la forêt de themes, d’écritures et de bouquins tellement variés, on peut se balader sans cesse pour satisfaire ses gouts littéraires. 

 

Ce coeur changeant

La Cache Villa des femmes Victor Hugo vient de mourir Ce pays qui te ressemble Nous serons des héros

La septième fonction du langage La petite femelle

 

 

 

 

Anomalie des zones profondes du cerveau

Les Désoeuvrés Histoire de l'amour et de la haine Le metteur en scène polonais Quand le diable sortit de la salle de bain Ann Le Beau temps Il était une ville

 

 

 

 

 

Parmi les livres les plus discutés et attribués sont ceux qui mettent l'accent sur le monde arabe, la civilisation de l’islam, les pays du Maghreb et le mythe méditerranée. Liés à l'actualité et aux inquiétudes d’aujourd’hui, ils confrontent l’image simpliste et déformée d’un Orient musulman.  

 

Boussole

Bernard Pivot, le président de jury de Goncourt a expliqué le choix de « Boussole » en disant que pour mériter le Goncourt il faut une histoire, une écriture et une ambition.  Il ne fait aucun doute que ces trois éléments sont dans Boussole.

Mathias Enard, récompensé pour son dixième livre, a construit une narration enivrante, presque hallucinante qui ne dure qu'une nuit et qui nous amène de Vienne à Istanbul et à Téhéran en passant par Damas et Palmyre.  Le narrateur, un musicologue et orientaliste, revit sa vie passionnée de l’Orient comme espace d’inspirations et d’aventures artistiques et personnelles.

 

Les Prépondérants« Les Prépondérants » — un des lauréates du Grand prix du Roman de l'Académie française — se déroule dans un petit village du Maghreb au début des années vingt, c’est-à-dire aux temps de l’époque coloniale où tout le monde vivait sous le protectorat français et parlait le français qui était la langue des colons. Hédi Kaddour nous donne une vision ironique des temps de changement apporté par l’autre (une équipe de cinéma de Hollywood) qui semble supérieure mais finalement il pose des questions sur deux mondes — Orient et Occident — en plein chaos et envahi par l'hypocrisie.

  

2084

Inspiré par 1984 de George Orwell, Boualem Sansal, écrivain algérien, offre une dystopie effrayante sur les systèmes totalitaires qui sont exclusivement religieux dans son livre « 2084 : La fin du monde » couronné du Grand prix du Roman de l'Académie française.  Sansal a créé une critique féroce de la société contrôlée par le principe de l'amnésie et par la soumission. Un écrivain engagé et contestataire par excellence, il voulait résister à un ultra radicalisme religieux « pour être plus présent, plus dans le débat et plus et mieux écouté »

 

  

 « D'après une histoire vraie » qui a gagné le Prix Renaudot et Prix Goncourt des Lycéens 2015 oscille entre fiction et réel. Tout le monde a fait des remarques sur l’écriture superbe. Si vous aimez les récits autobiographiques et les formes littéraires qui utilisent de l’autofiction, vous serez certes attirés à ce livre. Delphine de Vigan a créé un personnage d’auteure qui s’appelle Delphine qui a remporté un grand succès avec son roman. C’est un point de départ pour une réflexion sur l’insupportable besoin de force nécessaire pour continuer d’écrire et d’achever une œuvre.

 

D'apres une histoire vraie                         Titus n'aimait pas Bérénice

« Titus n'aimait pas Bérénice » — le livre couronné par le Prix Médicis – est une histoire écrite du point de vue féminin, histoire d’amour contemporaine de Bérénice abandonnée par son amant qui décide de comprendre le chagrin d’amour de Bérénice de Racine.  Cela permet à Nathalie Azoulai de présenter Racine et son temps d’une façon très fraiche et émouvante.  Elle montre sa fascination pour la langue et la vision de l’amour de Racine.  Elle souligne : «Il a une vision de l’amour — excessive, déballée, impudique — qui n’a rien à voir avec celle de ses contemporains.  Notamment du point de vue des femmes, qu’il expose sur scène nues avec leurs désirs.  C’est d’une modernité et d’une audace absolues.»

Parmi les nombreux prix littéraires de la langue française au Canada, j’ai choisi deux, car ils comptent beaucoup et sont très attendus, particulièrement à Toronto: Prix littéraire du Gouverneur Général dans la catégorie romans et nouvelles et, bien sûr, Prix Trillium, ouvert exclusivement aux écrivaines et écrivains franco-ontariens.

 

La Fabrica À la recherche de New Babylon Séna Traité des peaux  Clinique De Marie de l'Incarnation J'Irai danser sur la tombe de Senghor Vol de l'ange

Prix du Gouverneur Général a été remis à Nicolas Dickner, écrivain très accompli, pour « Six degrés de liberté ».  Dickner était un des cinq finalistes, les quatre autres étant des femmes.

 

Six degrés de libertéTous les livres ont mérité amplement le prix: ils étaient applaudis tant par la critique et que par des lecteurs, mais « Six degrés de liberté » en particulier a attiré beaucoup d'éloges. L’idée capitale est saisissante : un voyage dans conteneur maritime ou aérien, peu importe le point de départ ou la destination comme acte clandestin de libération absolue. Le roman est captivant, avec les personnages construits d’une manière originale, une narration très fluide et maitrisée, sans oublier l’humour et l’ironie, ainsi que des observations éblouissantes sur la société de consommation.

 

Les finalistes pour le prix Trillium du livre de langue française étaient: Martine Batanian pour « Clinique », Michel Dallaire pour « Violoncelle pour lune d’automne », Blaise Ndala pour « J’irai danser sur la tombe de Senghor », Daniel Poliquin pour « Le Vol de l’ange » et Patricia Smart pour « De Marie de l’Incarnation à Nelly Arcan ».

Violoncelle pour lune d'automne

Le prix a été décerné à Michel Dallaire pour « Violoncelle pour lune d’automne », un roman nostalgique et captivant sur l’inspiration et la rupture artistique qui sont profondément présentes dans la vie de trois personnages: père, mère et fille. L'expérience du temps et de l’espace sont rendus avec une sensibilité très émouvante au réel et à l’imaginaire. L’écriture est enrichie par l’omniprésence de thèmes consacrés à la poésie et à la musique. Selon le jury, Michel Dallaire « nous révèle avec une grande finesse les déchirures secrètes de personnages étouffées par leur propre silence ».

 

 

Pour plus d’informations sur les palmarès et les finalistes, vous pouvez consultez le lien Les prix littéraires de langue française sur le site de la Bibliothèque publique de Toronto où vous pouvez, avec votre carte de bibliothèque, emprunter des titres selon votre préférence.

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