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Récit d'un voyage aux mers polaires en 1854

September 15, 2016 | Donna-Marie | Comments (4)

 
  Cresswell, Samuel Gurney. “La première découverte de la terre par la H.M.S. Investigator, le 6 septembre 1850.”. Londres, 1854

 

L’exploration de l’Arctique dans l’ère de Franklin (les années 1840) enflamme cette semaine notre pensée collective suite à la découverte d’un des vaisseaux perdus.

Notre collection de livres numérisés comprend, parmi d’autres, un Journal de voyage aux mers polaires (1854) de la plume de Joseph-René Bellot (1826-1853), soi-disant « premier voyageur français dans les régions arctiques », qui partit sur les traces de l’expédition Franklin disparue six ans auparavant.

Vous pouvez télécharger gratuitement ce livre en format PDF.

Le journal de bord de Bellot est un récit en première personne du deuxième voyage du Prince-Albert, commandé par William Kennedy, et exécuté à la recherche de John Franklin de 1851 à 1852. Il emportera le lecteur in situ avec le jeune voyageur qui n’avait que 25 ans à l’époque. Il ne survécut pas son aventure.

Joseph-René Bellot (1826-1853), page 9 du journal de bord

Le récit est précédé d’une esquisse biographique sur Bellot :

« La publication de ce livre est un hommage rendu à la mémoire du vaillant officier qui a péri, à vingt-sept ans, victime de son courage et de son dévouement. La lecture de ces simples notes de voyage, écrites jour par jour au milieu des fatigues et des inquiétudes d'une expédition périlleuse, suffira pour prouver que Joseph-René Bellot n'était pas seulement un marin intrépide, au cœur noble et enthousiaste, mais encore un de ces hommes d'élite qui s'élèvent autant par l'esprit, la pensée, le jugement et la science, que par la grandeur de leur caractère et la générosité de leur âme. »

À la page 64 du document PDF commence un rapport qu’a publié Bellot dans les Annales maritimes, esquissant le but et la portée de l’expédition, et donnant plusieurs détails sur la recherche pour Franklin et son équipage à cette époque-là. Il donne aussi un survol du voyage lui-même.

Le journal lui-même commence à la page 76 du document PDF, amorçant avec son départ d’Aberdeen le 22 mai 1851, et se poursuivant jusqu’à la page 446 du PDF.

Le journal est suivi d’une quarantaine de notes et de documents divers, y compris plusieurs lettres écrites par Bellot. Notamment, à la page 478, il y a une lettre dans la main de Bellot lui-même, accompagné d’une carte de la mer arctique

Carte de la mer arctique, page 478 du journal de bord

Une des dernières lettres est celle d’adieu à sa famille, que Bellot composa lors d’une expédition périlleuse à la recherche de son commandant et plusieurs hommes de l’équipage à l’intention qu’elle soit livrée seulement s’il y perd sa vie. Il vécut deux ans de plus, avant de mourir en voyage. Une reproduction du monument érigé à sa mémoire termine le récit.

 

Cresswell, Samuel Gurney. L'isle Melville vu de Banks’ Land. Londres, 1854

Les auteurs franco-ontariens à l'honneur : Gaston Tremblay

September 2, 2016 | Peter K | Comments (0)

Gaston TremblayGaston Tremblay, votre initiation littéraire a commencé avec la poésie. Pourquoi ?

Gaston Tremblay : J’ai commencé à écrire de la poésie très jeune, à l’âge de treize ans. Mon père est mort en 1958, et ma mère a placé les trois plus vieux de ses huit enfants dans des pensionnats. Donc, en 1962 j’entrais en Élément latin au Collège du Sacré-Cœur de Sudbury. J’étais beaucoup trop jeune, j’ai eu beaucoup de difficulté à m’adapter au régime de vie des pensionnaires.

Un soir d’automne, étant extrêmement triste, je marchais sous un ciel étoilé devant le collège… entre les grands ormes qui longeaient l’allée qui s’ouvrait ostensiblement sur la rue Notre-Dame. J’étais en détresse, je ne comprenais pas pourquoi ma mère m’avait « renvoyé » de la maison. C’est dans la noirceur, entre ciel et terre, que la poésie m’a soufflé à l’oreille mon premier poème : un quatrain aussi simple que musical.

 

                                                  Ô nuit que tu es noire

                                                  Toi qui aimes boire

                                                  Tous mes espoirs

                                                  Ô nuit que tu es noire

    

J’ai vécu une adolescence difficile, l’écriture devint alors un exercice exécutoire et c’est par nécessité que j’ai continué à écrire des poèmes au collège et ensuite à l’école secondaire. De retour dans la maison de ma mère, ma sœur Rita devint ma secrétaire, elle transcrivait mes poèmes dans un grand livre de comptabilité. Notre seul moment de gloire vint le jour où nous avons vu paraître un de mes textes dans le journal hebdomadaire du diocèse.

Pour moi, la poésie est la montée, l’allée qui mène vers le corps et l’âme des autres. 

 

  Gaston Tremblay - L'Autobus de la pluie - poèmes          Gaston Tremblay - Sur le lac Clair -Poésie

 

En matière d’écriture, au fil des années, vous avez évolué vers le roman et l’essai. Qu’est-ce qui vous a attiré vers ces genres littéraires ?

G.T. : Sans aucun doute, l’évènement qui a marqué mon adolescence est ma rencontre, du dramaturge et musicien André Paiement. En 1967 j’étais trop sérieux et lui trop badin ; il me comparait à Spike le gros bouledogue gris des Loony Tunes et mon ami s’amusait à sauter tout autour de moi comme Chester, le petit terrier jaune dans cette bande dessinée. Surtout, nous sommes connus dans le journal intime que je tenais à l’époque. Au début, il était mon premier et seul lecteur et ensuite le secrétaire qui dactylographiait mon texte et puis enfin, mon corédacteur. Nous voulions écrire un roman, Le Grand Livre, une autofiction au sujet de l’amitié que nous avions découverte dans le cadre du club de discussion, Les TACS des jeunesses catholiques de la paroisse du Sacré-Cœur de Sturgeon Falls. Nous avons abandonné ce projet pour poursuivre nos carrières respectives, lui, comme directeur et fondateur du Théâtre du Nouvel-Ontario, et, moi, comme poète fondateur des éditions Prise de parole. Quarante ans plus tard, après avoir réussi une maîtrise en création littéraire, j’entreprenais seul Le Grand Livre qui fut publié aux éditions Prise de parole en 2012.

 

Gaston Tremblay - Prendre la parole            Gaston Tremblay - Le grand livre

 

À vos débuts, vous étiez très engagé dans la vie littéraire et le mouvement théâtral de Sudbury. Comment cette aventure vous a-t-elle marquée pour les années suivantes de vos activités littéraires ?

G.T. : Nous étions des enfants de chœur, mais nous rêvions d’être des artistes. Le mouvement CANO nous a fait rencontrer d’autres jeunes qui voulaient faire exactement la même chose dans leur hic et nunc, dans leur ici et maintenant. C’est peut-être la chose la plus importante qu’il faut retenir de ce mouvement, nous avons construit et animé des organismes de création : Le Théâtre du Nouvel -Ontario, Prise de parole, la Slague, la Galerie du Nouvel-Ontario, la Nuit sur l’étang. Ces institutions sont devenues des outils essentiels que de nouvelles générations d’artistes qui les animent toujours cinquante ans plus tard !

 

Vous avez développé le concept de littérature du vacuum en analysant la littérature franco-ontarienne. Dans votre dernier livre, La Littérature du vacuum, vous avez approfondi votre argumentation sur ce sujet. Est-ce que la situation du vacuum défavorise ou stimule/dynamise l’acte d’écrire en français ?

G.T. : De par sa nature, l’homme tend à structurer son environnement pour survivre, pour se développer, pour s’émanciper. Je dirais qu’avec le temps et l’effort des littérateurs de tout acabit, le vacuum est devenu exiguïté, une situation que les peuples hyperminoritaires subissent. Dans un tel environnement, les écrivains ont peu d’espace littéraire pour s’épanouir, ce qui est un désavantage de taille. Par contre, la contrepartie de ce handicap est la liberté que l’absence de structures rigides accorde aux écrivains, le vacuum et l’exiguïté deviennent donc un lieu, de recherche identitaire, d’expérimentation et d’hyper production. C’est ainsi que j’expliquerais qu’un petit peuple comme celui du Québec arrive à projeter sa culture et sa personnalité dans le monde.

 

  Gaston Tremblay- Littérature du vacuum - genèse de la littérature franco-ontarienne          Gaston tremblay - L'Écho de nos voix - Conférences


Quelle est, selon vous, la place de la littérature franco-ontarienne au sein des littératures du Canada et de la francophonie ?

G.T. : Il en va de même pour la littérature franco-ontarienne. En moins de cinquante ans, nous avons réussi à nous tailler — à bout de bras — une place dans la littérature canadienne. Certains auteurs commencent à percer sur la scène internationale, mais c’est difficile pour eux, car, à l’instar des Québécois, nous n’avons pas une institution littéraire suffisamment développée, cela est d’autant plus vrai que nos effectifs démographiques ne représentent que dix pour cent de la francophonie canadienne. Contrairement aux Acadiens, nous sommes hyperminoritaires, mais nous avons le privilège de vivre dans une province qui a une relation gémellaire avec le Québec et qui de plus est la plus populeuse et la plus riche du Canada. Puisque le Canada se projette dans le monde à partir d’Ottawa, la capitale nationale, et à partir de Toronto la métropole, ce qui attire des immigrants francophones de toutes les régions du monde.

 

Quelles sont les nouvelles orientations de cette littérature ?

G.T. : Depuis les tout débuts, la littérature franco-ontarienne se veut ouverte à tous les francophones, et aujourd’hui ce principe philosophique est devenu une réalité. Certains diront même que le thème identitaire a été évacué des œuvres franco-ontariennes, où, tout au moins, qu’il est beaucoup moins important. Plutôt, je crois que la quête identitaire des Canadiens français s’est transformée et s’est ouverte sur celles des autres : la quête des immigrants qui cherchent à se faire une place en Ontario français et aux autres groupes défavorisés qui réclament leur juste place au soleil : les femmes, les homosexuelles, les handicapés, etc. L’ouverture et la tolérance sont devenues des Works in progress qui enrichissent la toile identitaire de notre pays et de notre province. La littérature du hic et nunc de Prise de parole est désormais une littérature de la pluralité, aussi bien au niveau du contenu que de la recherche formelle.

 

Gaston Tremblay - Le Nickel Strange - roman          Gaston Tremblay - Le langage de chien - roman

 

 Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets littéraires ?

G.T. : Dans la nouvelle année, j’entreprendrai l’écriture d’un autre roman, qui sera jusqu’à un certain point une suite du Grand Livre. Le sujet sera totalement différent, mais ce sera tout de même une autofiction, une approche que j’aimerais approfondir dans la nouvelle année. Du même souffle, je vais continuer d’écrire de la poésie dans mes moments libres, le genre que j’ai toujours privilégié. Car pour moi, la poésie est la montée qui mène vers la maison des autres.

 

Gaston Tremblay, est un écrivain, éditeur et poète franco-ontarien qui vit à Montréal. Le jeudi 22 septembre à 18 heures, il donnera une conférence sur le poète Patrice Desbiens — L’Homme qui apparait et disparait dans le vacuum dans Discussion Room, Bibliothèque de référence.

Le programme aura lieu le jeudi 22 septembre à 18 heures dans Discussion Room, Bibliothèque de référence.

Vous êtes cordialement invités à nous rejoindre.

Pour trouver plus d'informations, s'il vous plaît contactez le Département Langues et Littérature au 416-393-7085.

Livres historiques numérisés

August 26, 2016 | Donna-Marie | Comments (0)

Saviez-vous que le service de numérisation de la Bibliothèque publique de Toronto a déjà numérisé plus de 1 300 textes historiques en français provenant de nos collections?

Se concernant surtout du Canada, ces livres sont tous dans le domaine public et peuvent être téléchargés gratuitement. Vous y trouverez de nombreuses livres qui augmenteront vos connaissances sur l’histoire de notre pays.

Depuis les Voyages de Samuel de Champlain publiés en 1620, aux Lettres d’un cultivateur de 1787 et des récits de voyage ou de découverte, en passant par les Contes de Perrault (1920) et autres œuvres littéraires tels les romans et la poésie.

Nous vous invitons cordialement de venir avec nous voyager dans notre passé commun. Commencez votre voyage dès aujourd’hui !

Page titre Voyages de Champlain

Les auteurs franco-ontariens à l'honneur : Michel A. Thérien

August 18, 2016 | Peter K | Comments (0)

Michel A. Thérien

Michel A. Thérien, vous avez publié une longue liste de titres.   Qu’est-ce qui vous a incité à écrire ?

M.A.T : Comme enfant, j’ai aimé les objets de l’écriture : je collectionnais des crayons, du papier, des porte-crayons etc. Un jour on m’a offert un beau porte-crayon en cuir avec mon nom écrit en lettres d’or dessus. Tout cela me donnait la passion de l’écriture. Et puis j’entendais toujours une voix intérieure me parler en poésie. Cette voix se faisait insistante. Un jour j’ai décidé de lui répondre pour la taire un peu. C’est comme cela que j’ai commencé à écrire.

 

Racontez-nous les thèmes que vous abordez dans vos écrits.

M.A.T. : Le thème qui domine mon travail est la poésie. Elle est composée de trois axes : le poète, la poésie et le poème. Ces trois éléments s’entrecroisent, s’entrechoquent comme des personnages au théâtre. La poésie est beauté, féminité. Elle est souvent femme aussi et agit comme interlocutrice avec le poète. La poésie appartient à l’universel, au sidéral tandis que le poète lui, vit et agit sur la terre. Cette fusion entre poète et poésie nait et vit dans le poème. Le poème abrite, il est forme et structure à la fois, il nourrit car c’est de lui que vient l’essence de la poésie : les mots et leurs métaphores.

 

Michel A. Thérien- Du vertige et de l'espoir , carnets africains                                  Michel A. Thérien- Corps-sauvage

 

Un de vos recueils est intitulé « Du vertige et de l'espoir : carnets africains ». Comment avez-vous été amené à écrire sur l’Afrique ?

M.A.T. : Dans mon deuxième livre intitulé Corps sauvage, il y a un chapitre consacré au génocide du Rwanda. Ce sont ces poèmes et ce livre qui me feront voyager au Sénégal et au Mali. Et c’est là que j’ai amorcé l’écriture de ce recueil.

 

Est-ce que c’est important pour un poète de laisser un témoignage ?

M.A.T. : Je ne pense pas à cela. Je fais ce qui est là en moi. Et une fois qu’un livre est publié, il ne m’appartient plus. Je n’ai donc pas le désir de laisser un témoignage. Il appartient au lecteur de décider de la portée de mon travail et d’en nommer les éléments qui le rendent pertinent.

 

Qu’est que ça veut dire pour vous d’être poète dans la communauté francophone de l’Ontario ? Comment définiriez-vous votre espace artistique ? Quelles sont ses spécificités ?

M.A.T. : Cela veut dire prendre parole, de se tenir debout devant la langue qui est nôtre, de l’aimer et de la défendre. Les poètes sont porteurs de parole et la mienne est intimement liée à la langue en milieu minoritaire.

Je ne définis pas mon espace artistique. C’est lui qui me définit! C’est la langue, les mots, le poème, la poésie avec ses saveurs minérales et végétales. C’est l’univers et son absolu. Le froid, l’absence, le vide et toujours, cette quête insatiable de vie.

 

 

 Michel A. Thérien- Eaux d'Ève                                 Michel A. Thérien- La fluidité des heures




Pensez-vous qu’il faut apprendre les règles poétiques pour écrire un poème ?

M.A.T. : Non et je ne les connais pas beaucoup. La seule règle pour moi est celle de l’intériorité. Déjà, l’écouter pour moi est poésie. Sa forme se définit par le souffle. Aucune règle. La liberté totale.

 

Quelles sont vos prochains projets littéraires ?

M.A.T. : Simplement être à l’écoute du prochain poème que je n’ai pas encore écrit mais que j’anticipe dans la sérénité et le désir. La passion surtout.

 

Michel A. Thérien est un poète franco-ontarien qui vit à Ottawa.

Le mercredi 14 septembre à 18 heures, Michel A. Thérien donnera une conférence et atelier en création poétique dans Discussion Room, Bibliothèque de référence.

Cet évènement est rendu possible grâce à une collaboration entre l'Association des auteures et auteurs de l'Ontario français, le Conseil des arts du Canada, Patrimoine canadien et la Bibliothèque de référence de Toronto.

Vous êtes cordialement invités à nous rejoindre.

Pour trouver plus d'informations, s'il vous plaît contactez le Département Langues et Littérature au 416-393-7085.

Les auteurs franco-ontariens à l'honneur : Gabriel Osson

August 17, 2016 | Peter K | Comments (0)

Gabriel OssonGabriel Osson, vous n’êtes pas seulement écrivain mais aussi peintre et sculpteur. Cette variété d’expressions, est-elle importante pour vous ?

Gabriel Osson: Oui, avoir plusieurs modes d’expression me permet de m’extérioriser différemment, cela me permet en même temps de garder une certaine balance. L’écriture est plus intense, plus cérébral. Avec la peinture, je m’éclate et laisse exploser les couleurs souvent comme ils viennent. Je ne fais presque plus de sculpture par manque de place. Parfois, je m’éloigne de l’une ou de l’autre de ces modes d’expressions. Mais jamais pour longtemps, il y en a toujours une qui m’interpelle et je peine à résister à l’appel passant par fois de l’une à l’autre sans discernement.

Vous êtes né à Port-au-Prince, Haïti, vous avez grandi à Montréal et avez choisi Toronto pour y vivre. Comment votre expérience transculturelle a influencé le choix de thèmes que vous abordez ?

G.O.: La transculture fait partie de moi. J’ai plusieurs racines : françaises, haïtiennes, africaines. Tout ce mélange de culture m’a façonné, et a fait de moi ce que je suis. Je me sens toujours interpellé par ces cultures qui s’influencent, se juxtaposent, se tiraillent même. C’est fascinant et dérangeant à la fois! Ces traits se retrouvent dans mes écrits, dans mes peintures.

 

Gabriel Osson-Peinture-1                      Gabriel Osson- Peinture-2
            
 

En tant qu’écrivain franco-ontarien, comment vous fonctionnez dans l’espace linguistique et culturel de Toronto?  

G.O.: Je suis très attaché à la communauté francophone de Toronto. C’est mon milieu d’action en tant qu’artiste, en tant qu’écrivain. Il n’y a pas beaucoup de place dans l’univers culturel de Toronto pour les artistes francophones. Il faut constamment trouver notre voix, notre place.

Dans votre poésie, par exemple dans le recueil « Haïti, mon pays à reconquérir » ou « Au jour et à la nuit » il y a une très forte présence de l’espace-temps ou vous évoquez souvent « d’ici et d’ailleurs ». Est-ce que cette double vision qui semble révéler le passage émotionnel est très vive en vous ?

G.O.: Tout à fait, je vis dans un univers intemporel et en même temps, le présent m’interpelle beaucoup. C’est là que je crée, c’est là que je vis.

Je vis aussi dans cette dichotomie de l’ici et de l’ailleurs. Je vis ici et je suis d’ailleurs, cela, les gens me le rappellent tout le temps et peu importe le nombre d’années passées ici. J’ai vécu toute ma vie jusqu’ici hors de mon pays de naissance. Pourtant c’est toujours là qu’on me ramène et m’identifie.

 

Gabriel Osson- Efflorescences                             J' ai marché sur les étoiles

                                

Pourquoi avez-vous décidé de marcher sur le Chemin de Compostelle ? Est-ce que votre décision était personnelle ou c’était votre façon à vous de trouver nouvelles inspirations littéraires?

G.O.: C’était une décision personnelle, un grand défi lancé à moi, par moi, suite à une maladie. Mais, ça été une grande source d’inspiration. J’ai utilisé les mots pour atténuer les maux. La marche, malgré ses difficultés et sa longueur m’a permis de me perdre pour mieux me retrouver, à m’ancrer et repartir sur des nouvelles bases.

Quels sont vos prochains projets littéraires ?

G.O.: Je viens de terminer un roman qui est chez l’éditeur, un recueil de poésies qui y est aussi. J’attends les réponses.

Je travaille sur un recueil de nouvelles et un autre recueil de poésie. J’ai toujours des projets d’écriture. Au fait, j’écris tout le temps.

Coté artiste-peintre, je prépare des œuvres pour une co-exposition cet automne à Toronto.

 

Gabriel Osson est un poète et peintre franco-ontarien qui vit à Toronto.

Le jeudi 8 septembre à 18 heures, Gabriel Osson donnera une conférence sur son expérience du chemin de Saint-Jacques de Compostelle – J'ai marché sur les étoiles, plus qu'un voyage, une aventure qui nous transforme dans Hinton Learning Theatre, Bibliothèque de référence.

Vous êtes cordialement invités à nous rejoindre.

Pour trouver plus d'informations sur le programme, s'il vous plaît contactez le Département Langues et Littérature au 416-393-7085. 

L'arbre des rêves

June 3, 2016 | Louis | Comments (0)

 

Découvrez l'arbre des rêves -- chaque feuille est un départ!


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Saisir la langue et libérer les mots : écrivains et écrivaines d’expression française

May 6, 2016 | Peter K | Comments (0)

La littérature de langue française est pleine d'écrivains qui sont venus d'ailleurs.  Les premiers entre eux, les nomades et les explorateurs, attirés par la culture ouverte de la France et inspirés par ses valeurs de la liberté, ont eu l’esprit d’aventure, toujours prêt à la recherche de nouvelles idées.  


On a commencé de jouer avec sa propre identité qui pourrait être changée plusieurs fois – dans la manière carrément réussi dans les « Mémoires » de Giacomo Casanova.  Le monde des Lumières était également impressionné par « Le Manuscrit trouvé à Saragosse » de Jan Potocki ; son expérience de la frontière et la fascination de l'itinéraire imprévisible vers le monde totalement inconnu a créé une narration où le temps réel est mélangé au temps imaginaire.

 

Les Mémoires  Casanova Histoire de sa vie  Manuscrit trouvé à Saragosse   Jan Potocki


«Écrire dans une langue étrangère est une émancipation.  C'est se libérer de son propre passé»  disait Cioran.  Lui, comme Eugène Ionesco, Milan Kundera, Shan Sa ou Hector Bianciotti, a réussi à le faire. Ecrire dans la langue de l’autre paraît presque provocateur.   Un Français de souche, avec ses goûts et dégoûts littéraires pourrait peut-être se méfier des textes écrits en français par des écrivains qui sont issus d’autres pays. 


Et pourtant, Paris est devenu la ville des lettres et la destination principale pour les artistes du monde entier.  Inévitablement, la palette d’expressions littéraires s’élargit ; les voix d'ailleurs sont de plus en plus nombreuses et fortes : Samuel Beckett et Gao Xingjian - pièces théâtrales, François Cheng et Salah Stétié - poésie et traduction, Andrei Makine et Atiq Rahimi - romans, Nancy Huston, Jonathan Littell et Anna Moï – nouvelles et romans.  Tout perd son exotisme et attire de nouveaux lecteurs.

 

  
Le roi se meurtL'Ignorance La cithare nue Ce que la nuit raconte au jour En attandand Godot Chroniques du Classique des mers et des monts

          

Carnets du méditant Syngué sabour - Pierre de patience  Cinq méditations sur la beauté Le testament français Danse noire Espéranto, désespéranto, La francophonie sans les Français


Plusieurs écrivains se trouvent parmi les personnes que les guerres, les génocides et les dictatures ont chassés de chez eux.  Pénible et horrifiant, l’exil néanmoins les a poussés à témoigner de la vérité pour la première fois.  Pour Marek Halter, juif polonais rescapé du ghetto de Varsovie, le choix était clair - « j’ai appris la liberté avec le français. »  L’attitude partagée avec Jorge Semprun, qui en changeant de langue, a trouvé l’outil précis et objectif qui lui a permis d’examiner la réalité du régime franquiste et du camp de concentration.  Amin Maalouf, exilé du  Liban, tient à ses origines méditerranéennes et plurielles, explorant de multiples passages de voyage pour montrer la complexité de l'identité culturelle d’un individu en constante évolution.  D’autre part, Jean Malaquais a transposé son vagabondage de l'apatride dans « Journal de métèque » et la réalité de gens marginalisés dans l’argot de « Les Javanais » et dans l’amère ironie de « Planète sans visa. »

 

 Léon l'AfricainLe Périple de BaldassareLes JavanaisPlanète sans visaTsipporaSi la vie continue...Vingt ans et un jour  


Très particulière et complexe, la littérature francophone du Maghreb souvent coexiste avec la culture et la langue arabe.  Et pourtant, écrire dans la langue de l’autre pourrait devenir une source de déchirement.  Kateb Yacine, après le massacre de Sétif, a adopté la langue étrangère coloniale pour s’exprimer dans les deux langues – « j'écris en français pour dire aux français que je ne suis pas français. »  Par contre,  Abdellatif Laâbi, considéré par le régime comme incorrectement engagé parce qu’il a participé au développement de l’intelligentsia marocaine de gauche, a été forcé de quitter son pays.  Malgré ses combats contre l’administration coloniale et son expulsion d’Algérie, Mohammed Dib, lui, a continué d’écrire en français pendant son exil, conscient d’une ambiguïté: « je parle une autre langue : qui suis-je ? »  Contrairement à eux, Boualem Sansal ne s’exile pas, mais s’oppose vigoureusement au régime d’aujourd’hui et au terrorisme.

 

Nedjma L'arbre à poèmes, Anthologie personnelle 1992-2012 Feu beau feu, poèmes Rue Darwin Histoire de la littérature du Maghreb - littérature francophone  

 

A présent on choisit souvent le français pour répondre aux besoins existentiels : « L'écrivain est un homme solitaire.  Son territoire est celui de la blessure : celle infligée aux hommes dépossédés » d’après Tahar Ben Jelloun.  Parfois, on était bousculé : « Je n'ai pas choisi.  Je voulais écrire. En russe, en chinois, en arabe. Mais écrire! Au départ, j'écrivais en arabe. Mon prof d'arabe m'a bafoué, alors que mon prof de français m'a encouragé. » (Yasmina Khadra).  Pour Vénus Khoury-Ghata la diversité méditerranéenne est essentielle : « J’écris en français, mais dans un français fortement mâtiné d’arabe. J’ai apporté dans mon cabas des épices et des condiments de ma langue maternelle et je les verse au fur et à mesure dans mes pages en français pour leur donner plus de saveur »

Les écrivaines maghrébines Assia Djebar et Leïla Sebbar explorent la féminité et rejettent les stéréotypes culturels de femmes en évoquant leur désir d’émancipation. La Nouvelle génération d'écrivaines, comme Saphia Azzeddine, va encore plus loin jusqu’au point d'être radicale pour exprimer sa sensibilité.

 

Une maison au bord des larmes La disparition de la langue française Journal de mes Algéries en France Bilqiss L'attentat Le mariage de plaisir


L'originalité des styles d'écritures dans les littératures africaines et antillaises est stupéfiante.  Même si le passage de l’oral à l’écrit a dû se produire à travers la langue du colonisateur, les écrivains indigènes ont sauvegardé leur héritage, tout en nourrissant leur unique raison d’être.  En conséquence, ils sont tous des écrivains d’expression française qui utilisent les mots comme « armes miraculeuses » (Aimé Cesaire).


Avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontron Damas, engagés dans le combat contre la colonisation, Cesaire a créé un mouvement de libération culturelle et politique - la Négritude.  « Il nous fallait d’abord nous débarrasser de nos vêtements d’emprunt, ceux de l’assimilation, et affirmer notre être, c’est-à-dire notre Négritude », disait Senghor.  Un poète qui réclame son espace créatif, « L’Orphée noir » qui, d’après Jean-Paul Sartre – « insulté, asservi, il se redresse, il ramasse le mot de nègre qu’on lui a jeté comme une pierre. » 


Ferrements et autres poèmes Poésie complète Veillées noires Anthologie de la nouvelle poesie nègre et malgache de langue française Nègre je suis, nègre je resterai



Les écrivains noirs ont absorbé spontanément des gestes des conteurs.  On a partagé les paroles, on a circulé les récits mythiques, les devinettes et les chants à l'intérieur de la communauté pour qu’elle reste forte. Aujourd’hui les auteurs s'éloignent de l’exigence de la revendication identitaire.  Par ailleurs, la diversité culturelle s’accentue chez les poètes et romanciers antillais.  Patrick Chamoiseau explore les formes d’expression créoles, alors que Maryse Condé évoque des thèmes particuliers tels que les sexes et les races.  

L’auteur africain s’interroge sur ses ambiguïtés et cherche l’expression artistique de sa propre identité.  Alain Mabanckou : « Moi je voulais écrire non pas un livre qui fasse de la mythologie africaine, de la vente aux enchères, de l’exotisme facile, je voulais écrire un livre dans lequel l’individu est au centre»  Cette façon de parler « je » commence l’aventure d’une écriture qui mène vers l’expérimentation du langage, très évidente dans les pièces théâtrales de Koffi Kwahulé.  Chez lui les gestes des conteurs absorbent le jazz et le métissage universel.

 

En attendant la montée des eaux Texaco Bleu-Blanc-Rouge Frères de son- Koffi Kwahulé et le jazz, entretiens Monsieur Ki- Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps  Archipels littéraires



Le Canada attire un grand nombre d’écrivains et écrivaines d’expression française.  Cette diversité linguistique et raciale reflète la réalité de la composition culturelle du pays, en particulier dans les grandes villes. Il n’est pas donc étonnant de voir comment le public littéraire,  qui se mondialise vite, avec les goûts littéraires variés et cosmopolites, reste très attentif aux écrits des autres.

Les témoignages sur l'immigration et la nouvelle vie transforment le récit personnel dans l'expérience universelle: « On débarque dans un pays. On y passe des années. On oublie tout ce qu’on a fait pour survivre.  Des codes appris à la dure.  Chaque mauvais moment annulé par la tendresse d’un inconnu.  Un matin, on est du pays.  On se retrouve dans la foule.  Et là, brusquement, on croise un nouveau venu et tout remonte à la surface. » (Dany Laferrière)

 

Chronique de la dérive douce Le Cri des oiseaux fous L'Enigme du retour Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo  Symbolique de l'Immigre Dans le Roman Francophone Contemporain


L'écriture féminine regorge d’exemples de qualité : Vera Pollak, née à Bucarest, une traductrice et auteure ;  Abla Farhoud, une romancière et dramaturge née au Liban ;  Ying Chen, d’origine chinoise, gagnante de plusieurs prix littéraires ; et Aki Shimazaki, née au Japon, auteure de douze romans. 


Les thèmes de la fuite, de l’exil et de l’asile sont dominants chez Kim Thúy ;  écrire reste une forme de voyage intérieure pour explorer sa mémoire du pays d’origine et retrouver son identité personnel et littéraire d’aujourd’hui.   « Je dirais plutôt la richesse de l'exil et d'avoir deux cultures. Je ne serais pas celle que je suis sans cela. Mon objectif est d'écrire la beauté, j'écris juste pour ça. Je veux montrer que parfois, quand on est née quelque part, on ne réalise pas comment c'est beau. »


L’écriture au féminin est omniprésente chez Torontoise Marguerite Andersen.  Dans « Le figuier sur le toit » elle examine la double identité qui ne peut qu’osciller entre d’extrêmes univers et confronte les lectrices avec des questions qui accentuent les inquiétudes quotidiennes.   Fascinée par le vagabondage d’esprit et de la pensée, Andersen mélange la fiction et l’autobiographie en donnant la voix aux femmes de plusieurs générations.  « De mémoire de femme » et « La vie devant elles » intriguent grâce à l’abondance des techniques narratives qui soulignent toutes sortes de nuances existentielles.

 

Le Champ dans la mer Hôzuki Vi La Vie devant elle Écrire au féminin au Canada français Le Fou d'Omar 


Le cas de Robert Dickson est très particulier, car il s’agit de quelqu’un qui s’est séparé de la langue de la majorité et a choisi la langue française pour devenir un poète franco-ontarien.  La situation de poète de la langue minoritaire a stimulé l’expression poétique de Dickson et l’a poussé vers l’innovation artistique.  Par les thèmes et par les lieux, sa poésie est profondément impliquée dans la sensibilité linguistique des gens d'ici :

 

Au nord de notre vie Grand ciel bleu par ici Humains paysages..temps de paix relative
ici
où la distance use les cœurs pleins
de la tendresse minerai de la
terre de pierre de forêts et de froid
nous    
têtus souterrains et solidaires
lâchons nos cris rauques et rocheux
aux quatre vents
                    de l’avenir possible

                                  

Pour explorer le sujet des écrivaines et écrivains d'expression française veuillez ne pas hésiter à consulter nos collections. Vous pouvez également visitez le site de la Bibliothèque publique de Toronto pour trouver plus d'informations.

 

Les Rebelles Oubliés

April 18, 2016 | Louis | Comments (0)

Vous souvenez-vous du 20e siècle? Ses évènements, ses défis, ses contraintes sociales? Ses révolutions, ses révoltes, ses rebelles?

Connaissez-vous l'origine de votre liberté d'esprit, d'expression, de moeurs? Ces libertés étaient à l'horizon jusqu'aux jours d'après-guerre, puis des pionniers courageux les ont dépassés, nous forçant à reconsidérer, à accepter, à évoluer.

Notre société change et les rebelles sont oubliés. Leurs gestes si radicaux d'autrefois se fanent et ne sont plus compris.

Suite à mes lectures récentes, je pense à trois cas qui démontrent bien ma thèse:

 

Borduas : Le rebelle de Saint-Hilaire

En lisant le magnifique livre de Pierre Lambert, Borduas : le rebelle de Saint-Hilaire (2015), je comprends mieux les difficultés qu'à eux Borduas à s'adapter au Québec au cours des années de "Grande Noirceur", les raisons de ses exiles à Paris et à New York. En se replaçant dans le contexte du temps, on comprend mieux la radicalité de la pensée et des oeuvres de Borduas, le courage qu'il a eu de s'aventurer toujours plus loin vers l'art abstrait et l'anticléricalisme.

Paul-Émile Borduas          Refus Global

En se rappelant les enjeux de sa vie, on ne peut que l'admirer davantage et réaliser à quel point nous avons encore beaucoup à apprendre de lui, qu'à sa façon il reste toujours à l'avant-garde des artistes canadiens.

Et quelles toiles!

Borduas painting Borduas painting
Borduas painting Borduas painting

Autre cas: Marcel Dubé, pionnier du théâtre québécois, s'est éteint le 7 avril 2016. Cet auteur et dramaturge, ayant écrit autant pour la télévision que pour le théâtre, a marqué profondément la société québécoise en présentant des idées controversées à propos de la famille, la religion, la guerre, le rôle des femmes, la pauvreté, et l'injustice.

 Un simple soldat play Les beaux dimanches premiere Marcel Dubé Florence play with Miller and Godin

Que reste-t-il de l'impact bouleversant que causaient les pièces de théâtre et les téléromans de Dubé? Qu'est-il arrivé à la première génération de ses spectateurs? Ceux qui ont été transformés en voyant Zone, Un simple soldat, Florence, De 9 à 5, Les beaux dimanches?

 

  Zone Florence Les Beaux Dimanches Un simple soldat


Enfin, nous avons tant changé...

Je vous conseille une relecture de ses oeuvres, ou, encore mieux, de voir une pièce de Dubé au théâtre. Vous réaliserez rapidement que Dubé, comme Borduas, a encore énormément à nous enseigner.

Dernier cas: qui se souvient des oeuvres de René Barjavel? Qui pense aux idées de ce pionnier et maître de la science-fiction française, autant prophète que futuriste? Les oeuvres de Barjavel ne perdent pas l'impact de leur philosophie et leurs avertissements.

BarjavelSes romans examinent avec grande lucidité la complexité des idées telles que voyager dans le temps, notre dépendance dangereuse à l'electricité, les causes et effets de l'Histoire, le progrès scientifique au dépens de la moralité, etc. Pour Barjavel, l'amour est toujours l'ultime richesse, et il ne peut y avoir de vrai progrès, scientifique ou social, sans amour.

 

Une rose au paradis Le grand secret La nuit des temps

Ravage Le voyageur imprudent La tempête l'Enchanteur Le prince blessé

L'amour et la science-fiction? Oui, et ça n'a rien du roman à l'eau de rose! Enfin, c'est de la science-fiction adulte pour un monde où nous devons agir en adulte (c'est à dire, en acceptant les conséquences de nos actes), ce qui explique sa radicalité.

Redécouvrez Barjevel, vous en serez surpris!

Quelques œuvres pour la Semaine de la Francophonie

March 10, 2016 | Patrick | Comments (0)

La Semaine de la Francophonie de Toronto sera du 17 au 24 mars, une célébration des communautés réunies par la langue française. C’est occasion de savourer des spectacles d’artistes canadiens et internationaux, voire de revisiter quelques œuvres francophones parues en 2015.  

D'abord, l’an dernier a vu la parution des nouveautés de trois incontournables de la littérature francophone. Dans La dernière nuit du Raïs, l'écrivain algérien Yasmina Khadra se met dans la peau du feu Mouammar Khadafi, le dictateur de Libye, à quelques heures de la fin de sa vie. Alain Mabanckou retourne à sa Pointe-Noire natale avec Petit Piment, l’histoire d’un jeune orphelin à la dérive dans un pays en transition. Avec Mets et merveilles, la grande auteure guadeloupéenne Maryse Condé a livré des mémoires axant sur la cuisine.

La dernière nuit du Raïs de Yasmina Khadra Petit Piment d'Alain Mabanckou Mets et merveilles de Maryse Condé

Didier Leclair, Franco-Torontois d'origine rwandaise, a lancé son sixième roman, Pour l'amour de Dimitri, un regard intimiste sur les tensions familiales et le pouvoir de l'écriture.  Après une pause de sept ans, Nathacha Appanah est de retour avec En attendant demain, dans lequel l'écrivaine mauricienne met la vie d'un couple à la loupe. Et dans La légende de l'assassin, l’auteur togolais Kangni Alem présente un avocat au seuil de la retraite, qui réexamine une affaire qu'il a perdue au début de sa carrière.

Pour l'amour de Dimitri de Didier Leclair En attendant demain de Nathacha Appanah La légende de l'assassin de Kangni Alem

Deux jeunes talents ont continué à tailler leur place dans ce domaine littéraire, aussi.  Joël Dicker a suivi le phénomène La vérité sur l'affaire Harry Quebert avec Le livre des Baltimore. Cette fois-ci, le romancier suisse appât ses lecteurs avec un drame — ou plutôt, un Drame  qui hante la famille de Marcus Goldman, le protagoniste de son dernier. Ensuite, Pierre-Luc Landry d'Ottawa a livré Les corps extraterrestres, l’histoire de deux personnages qui se débrouillent dans un univers parfois banal, parfois décalé. Enfin, en réédition, on trouve le chef-d’œuvre haïtien Amour, colère, et folie de Marie Vieux-Chauvet, qui raconte le quotidien terrifiant sous Papa Doc Duvalier.

Le livre des Baltimore de Joël Dicker Les corps extraterrestres de Pierre-Luc Landry Amour, colère et folie de Marie Vieux-Chauvet

Je vous souhaite une excellente Semaine de la Francophonie !

Avez-vous déjà lu tous les prix littéraires de cette rentrée 2015 ?

February 25, 2016 | Peter K | Comments (1)

La fièvre de la fameuse rentrée littéraire de 2015 est finie. Les batailles pour tous les prix littéraires de l’année sont presque oubliées.

C'est le moment le plus confortable pour nous les lecteurs, car tous les titres qui ont gagné et les autres qui étaient en lice sont déjà disponibles dans la bibliothèque: dans la forêt de themes, d’écritures et de bouquins tellement variés, on peut se balader sans cesse pour satisfaire ses gouts littéraires. 

 

Ce coeur changeant

La Cache Villa des femmes Victor Hugo vient de mourir Ce pays qui te ressemble Nous serons des héros

La septième fonction du langage La petite femelle

 

 

 

 

Anomalie des zones profondes du cerveau

Les Désoeuvrés Histoire de l'amour et de la haine Le metteur en scène polonais Quand le diable sortit de la salle de bain Ann Le Beau temps Il était une ville

 

 

 

 

 

Parmi les livres les plus discutés et attribués sont ceux qui mettent l'accent sur le monde arabe, la civilisation de l’islam, les pays du Maghreb et le mythe méditerranée. Liés à l'actualité et aux inquiétudes d’aujourd’hui, ils confrontent l’image simpliste et déformée d’un Orient musulman.  

 

Boussole

Bernard Pivot, le président de jury de Goncourt a expliqué le choix de « Boussole » en disant que pour mériter le Goncourt il faut une histoire, une écriture et une ambition.  Il ne fait aucun doute que ces trois éléments sont dans Boussole.

Mathias Enard, récompensé pour son dixième livre, a construit une narration enivrante, presque hallucinante qui ne dure qu'une nuit et qui nous amène de Vienne à Istanbul et à Téhéran en passant par Damas et Palmyre.  Le narrateur, un musicologue et orientaliste, revit sa vie passionnée de l’Orient comme espace d’inspirations et d’aventures artistiques et personnelles.

 

Les Prépondérants« Les Prépondérants » — un des lauréates du Grand prix du Roman de l'Académie française — se déroule dans un petit village du Maghreb au début des années vingt, c’est-à-dire aux temps de l’époque coloniale où tout le monde vivait sous le protectorat français et parlait le français qui était la langue des colons. Hédi Kaddour nous donne une vision ironique des temps de changement apporté par l’autre (une équipe de cinéma de Hollywood) qui semble supérieure mais finalement il pose des questions sur deux mondes — Orient et Occident — en plein chaos et envahi par l'hypocrisie.

  

2084

Inspiré par 1984 de George Orwell, Boualem Sansal, écrivain algérien, offre une dystopie effrayante sur les systèmes totalitaires qui sont exclusivement religieux dans son livre « 2084 : La fin du monde » couronné du Grand prix du Roman de l'Académie française.  Sansal a créé une critique féroce de la société contrôlée par le principe de l'amnésie et par la soumission. Un écrivain engagé et contestataire par excellence, il voulait résister à un ultra radicalisme religieux « pour être plus présent, plus dans le débat et plus et mieux écouté »

 

  

 « D'après une histoire vraie » qui a gagné le Prix Renaudot et Prix Goncourt des Lycéens 2015 oscille entre fiction et réel. Tout le monde a fait des remarques sur l’écriture superbe. Si vous aimez les récits autobiographiques et les formes littéraires qui utilisent de l’autofiction, vous serez certes attirés à ce livre. Delphine de Vigan a créé un personnage d’auteure qui s’appelle Delphine qui a remporté un grand succès avec son roman. C’est un point de départ pour une réflexion sur l’insupportable besoin de force nécessaire pour continuer d’écrire et d’achever une œuvre.

 

D'apres une histoire vraie                         Titus n'aimait pas Bérénice

« Titus n'aimait pas Bérénice » — le livre couronné par le Prix Médicis – est une histoire écrite du point de vue féminin, histoire d’amour contemporaine de Bérénice abandonnée par son amant qui décide de comprendre le chagrin d’amour de Bérénice de Racine.  Cela permet à Nathalie Azoulai de présenter Racine et son temps d’une façon très fraiche et émouvante.  Elle montre sa fascination pour la langue et la vision de l’amour de Racine.  Elle souligne : «Il a une vision de l’amour — excessive, déballée, impudique — qui n’a rien à voir avec celle de ses contemporains.  Notamment du point de vue des femmes, qu’il expose sur scène nues avec leurs désirs.  C’est d’une modernité et d’une audace absolues.»

Parmi les nombreux prix littéraires de la langue française au Canada, j’ai choisi deux, car ils comptent beaucoup et sont très attendus, particulièrement à Toronto: Prix littéraire du Gouverneur Général dans la catégorie romans et nouvelles et, bien sûr, Prix Trillium, ouvert exclusivement aux écrivaines et écrivains franco-ontariens.

 

La Fabrica À la recherche de New Babylon Séna Traité des peaux  Clinique De Marie de l'Incarnation J'Irai danser sur la tombe de Senghor Vol de l'ange

Prix du Gouverneur Général a été remis à Nicolas Dickner, écrivain très accompli, pour « Six degrés de liberté ».  Dickner était un des cinq finalistes, les quatre autres étant des femmes.

 

Six degrés de libertéTous les livres ont mérité amplement le prix: ils étaient applaudis tant par la critique et que par des lecteurs, mais « Six degrés de liberté » en particulier a attiré beaucoup d'éloges. L’idée capitale est saisissante : un voyage dans conteneur maritime ou aérien, peu importe le point de départ ou la destination comme acte clandestin de libération absolue. Le roman est captivant, avec les personnages construits d’une manière originale, une narration très fluide et maitrisée, sans oublier l’humour et l’ironie, ainsi que des observations éblouissantes sur la société de consommation.

 

Les finalistes pour le prix Trillium du livre de langue française étaient: Martine Batanian pour « Clinique », Michel Dallaire pour « Violoncelle pour lune d’automne », Blaise Ndala pour « J’irai danser sur la tombe de Senghor », Daniel Poliquin pour « Le Vol de l’ange » et Patricia Smart pour « De Marie de l’Incarnation à Nelly Arcan ».

Violoncelle pour lune d'automne

Le prix a été décerné à Michel Dallaire pour « Violoncelle pour lune d’automne », un roman nostalgique et captivant sur l’inspiration et la rupture artistique qui sont profondément présentes dans la vie de trois personnages: père, mère et fille. L'expérience du temps et de l’espace sont rendus avec une sensibilité très émouvante au réel et à l’imaginaire. L’écriture est enrichie par l’omniprésence de thèmes consacrés à la poésie et à la musique. Selon le jury, Michel Dallaire « nous révèle avec une grande finesse les déchirures secrètes de personnages étouffées par leur propre silence ».

 

 

Pour plus d’informations sur les palmarès et les finalistes, vous pouvez consultez le lien Les prix littéraires de langue française sur le site de la Bibliothèque publique de Toronto où vous pouvez, avec votre carte de bibliothèque, emprunter des titres selon votre préférence.

Bienvenue sur le blogue en français de la bibliothèque publique de Toronto. Vous y trouverez de l’information sur les programmes, collections et services en français dans vos bibliothèques, ainsi que sur les événements dans la communauté et des nouvelles de la Francophonie.